Cours de Base numéro I et II : 25-27 mai 2018 à Leysin


Contrairement à ce que l’on pourrait penser ce cours de base très théorique pourrait apparaître soporifique et peu utile dans la pratique quotidienne du médecin au premier abord. Il n’en reste pas moins nécessaire et obligatoire de le suivre dans sa totalité pour obtenir le certificat de capacité en phytothérapie, et, actuellement depuis l’an dernier pour les médecins, pour bénéficier de la position facturable 00.1870 et sq dans la nomenclature Tarmed.
Bien au contraire, il s’agit d’un cours très important et pas si rébarbatif que ça si l’on veut pratiquer la vraie phytothérapie dans toutes ses formes ; il est donc nécessaire pour les pharmaciens dispensants et les médecins prescripteurs de connaitre tout l’éventail des différentes préparations magistrales de l’assortiment de base sous toutes leurs formes ; à cela s’ajoute la connaissance de leur application dans les différentes situations cliniques, la connaissance des procédures d’enregistrement des médicaments et des autorisations données par Swissmédic pour leur mise sur le marché et leur vente, la connaissance aussi de la chaîne de préparation des prescriptions magistrales ; de surcroît il faut avoir une bonne idée de toutes les subtilités de la facturation, de la tarification des médicaments préparés et des contraintes imposées pour une facturation correcte ; une idée aussi des textes de législation en rapport avec la vente et la production de ces préparations et médicaments, de la manière correcte dont une ordonnance doit être rédigée pour une prise en charge et un remboursement optimal de la prescription par les assurances maladies ; un autre cours est donné sur la comparaison et la compréhension des équivalences de dosage entre les différentes préparations. Un autre encore comprend un exposé qui a pour but de connaitre les arcanes de la falsification des médicaments, de vérifier la pureté et de déceler des contaminations dans certains lots de principes actifs que le pharmacien commande au fournisseur.
En outre il faut citer deux exposés plus particuliers : le premier au premier jour par une botaniste émérite qui a mis le feu aux poudres en nous introduisant dans les méandres de la taxonomie des plantes et le dernier au dernier jour par un médecin clinicien rompu à la phytothérapie clinique venu tout droit de la Franche-Comté pour le feu d’artifice final en nous brossant un vaste panorama de tout ce que la phytothérapie peut offrir à nos patients.

Au-delà de cela, l’avantage de se retirer dans le calme et de se mettre « en retraite » dans un lieu calme pendant quelques jours pour suivre un tel séminaire permet aux pharmaciens et aux médecins de mieux se connaître, de se créer un réseau .Tant il est important de pouvoir collaborer étroitement et mettre en synergie les connaissances à la fois du pharmacien du médecin , bien entendu chacun dans son domaine de compétences, pour œuvrer ainsi à une bonne pratique de la phytothérapie.

Au programme :
Joëlle Magnin–Gonze, botaniste : taxonomie et botanique en phytothérapie.
Professeur Kurt Hostettmann, professeur honoraire : De la tradition à la médecine factuelle.
Dr. Antoine Wildhaber, pharmacien : le phytomédicament et sa formulation : drogues végétales, teintures, extraits, huiles essentielles, suspensions de plantes.
Dr. méd. P-O Tauxe, certifié SSPM : tout savoir sur l’aromathérapie.
Anne Séchaud, pharmacienne, certifiée SSPM ; prise en charge de la Phytothérapie, retour de la facturation. Extraits et teintures : comparaison entre différentes préparations, compréhension des équivalences de dosage et applications pratiques. L’assortiment de base d’un pharmacien pour débuter en phytothérapie.
Dr. Elhadji Assan Diop, pharmacien FPH certifié SSPM : définitions, législation, références bibliographiques.
Dr. méd. Jean Michel Morel (France), médecin praticien certifié SSPM : Phytothérapie dans la pratique au cabinet : un vaste horizon des possibilités de la phytothérapie dans les pathologies aigues et chroniques.
Joëlle Houriet, herboriste et pharmacienne : problèmes de qualité et falsifications.

Durant la durée du cours des ateliers pratiques, des animations et du travail en réseau ont été organisés.
C’est ainsi qu’ont été montés en démonstration pratique un percolateur, une distillerie artisanale, un alambic de fortune avec force tubulures, serpentins, spirales, réchauds, cocotte-minute, récipients de tous genres et toutes formes avec des fils en tous azimuts, Erlenmeyer sans bec et Becher avec bec. Du matériel hétéroclite a été amené pour la préparation de tisanes et la fabrication d’ovules et de suppositoires pour les pharmaciens. Et les médecins ont eu la possibilité de se familiariser à discuter de cas pratiques et à rédiger des préparations magistrales sur ordonnance, soit comment prescrire correctement.

Enfin la matinée du deuxième jour a été en partie animée par la visite du jardin botanique « Gentiana » qui a la particularité originale d’avoir agencé les plantes médicinales par pathologies ainsi qu’un secteur de plantes qui se ressemblent, mises côte à côte et à ne pas confondre. En plus des vingt-cinq participants au cours de base s’est greffée une bonne quinzaine d’autres membres de la SSPM venue pour accomplir son excursion annuelle dans le cadre de la société. C’est donc ravis et sous la houlette du Professeur Hostettmann que nous avons eu le privilège et l’honneur de visiter « son » jardin, puisqu’il en est l’un des membres fondateur mais surtout l’initiateur.

Avant de conclure je voudrais rendre un hommage particulier à notre grand manitou, que dis-je !, notre infatigable sorcier sénégalais, je veux citer ici le Dr. Elhadji Assan Diop, qui a réussi à organiser pratiquement à lui tout seul cette première expérience des deux journées du cours de base ainsi que l’excursion botanique en Suisse romande sur une période de trois jours comme cela se fait dans la section alémanique depuis plusieurs années à Engelberg. Qu’il soit remercié ici, au nom de la SSPM, pour tout le travail d’organisation accompli. Enfin la chance nous a souri car le temps était au beau fixe dans ce cadre magnifique qu’est Leysin. Notre hôtesse fort accorte et sympathique nous a chaleureusement accueillis ; elle nous avait réservé peu ou prou toutes les chambres de sa pension. Nous avons bénéficié de repas soigneusement préparés. La bonne humeur était au rendez-vous et les interventions étaient d’une qualité remarquable. Par conséquent tous les ingrédients étaient présents pour la réalisation d’une bonne préparation magistrale de bonne qualité propre à renvoyer les participants satisfaits dans leurs pénates au terme du troisième jour.

Consoude

Pavot de Californie

Distillation de Romarin